L’histoire de l’appareil photo reflex en 3 modèles emblématiques

Vous rêvez de comprendre comment les reflex ont transformé la photographie sans vous perdre dans des dates et des technicités obscures ? 📸 Cet article vous invite à (re)découvrir l’histoire du reflex à travers 3 modèles emblématiques, de l’invention du premier reflex moderne à l’ère numérique. Vous y explorerez leurs innovations techniques, leur rôle dans la photographie spatiale ou auprès des photographes professionnels, et pourquoi ces appareils restent des icônes du monde de la photo aujourd’hui !

Sommaire

  1. 📷 Le Rolleiflex (1929) : La révolution du bi-objectif
  2. 🔍 Le Kine Exakta (1936) : Pionnier du reflex 35 mm
  3. 🚀 Le Hasselblad série 500 (1957) : L’appareil qui photographia la Lune

 

📷 Le Rolleiflex (1929) : La révolution du bi-objectif

Le Rolleiflex, lancé en 1929 par Franke & Heidecke, marqua une révolution dans la photographie professionnelle. Cet appareil bi-objectif moyen format introduisit le transport automatique du film, une innovation décisive pour l’époque. Sa précision allemande et sa qualité optique exceptionnelle en firent vite un outil de référence.

Le système bi-objectif du Rolleiflex repose sur deux objectifs jumelés. Celui du haut sert à la visée via un miroir et un écran de mise au point, tandis que l’inférieur capture l’image sur le film. Cette configuration élimine le miroir mobile, permettant une visée continue et un déclenchement silencieux.

Le format 6×6 cm du Rolleiflex offrait une surface de capture bien supérieure au 35mm. Avec 3136 mm² par image contre 864 mm² pour le 24×36, ce moyen format garantissait des agrandissements sans grain, un détail exceptionnel et un contrôle accru de la profondeur de champ.

Les photojournalistes adoptèrent rapidement le Rolleiflex pour sa compacité et sa qualité d’image. Son format carré et son excellente définition en faisaient un outil idéal pour la presse illustrée. Robert Capa l’emporta sur les champs de bataille, tandis que Lee Miller en fit son compagnon de reportage.

  • Format moyen 6×6 cm sur pellicule 120 ou 220 pour une qualité d’image exceptionnelle
  • Objectifs fixes Zeiss (Tessar, Planar) ou Schneider (Xenar, Xenotar) non interchangeables
  • Système bi-objectif (TLR) avec visée par écran dépoli et image inversée
  • Obturateur central Synchro-Compur intégré à l’objectif (1s à 1/500s + pose B)
  • Avancement du film couplé à l’armement pour éviter les doubles expositions
  • Correction automatique de la parallaxe via un margeur mobile dans le viseur
  • Corps en alliage métallique robuste pour une durée de vie de plusieurs décennies
  • Accessoires via baïonnette Type I/II/III (filtres, bonnettes, pare-soleil)
  • Cellules de mesure (sélénium sur 2.8F, silicium sur GX/FX) avec TTL sur certains modèles
  • Poids de 1.2kg environ pour un moyen format et objectif 80mm f/2.8 emblématique

 

La visée par le haut du Rolleiflex permettait une approche discrète. En regardant vers l’écran dépoli sans porter l’appareil à l’œil, les photographes de rue comme Vivian Maier capturaient des scènes spontanées. Cette discrétion devenait un atout majeur pour les portraits de rue.

Robert Doisneau, Vivian Maier, Richard Avedon et Robert Capa figurent parmi les grands noms qui ont immortalisé ce boîtier. Le célèbre baiser de l’Hôtel de Ville en 1950, capturé par Doisneau, reste l’exemple le plus emblématique de ce format carré.

Même si l’utilisation du Rolleiflex exige une adaptation, sa prise en main s’avère intuitive. Le viseur à hauteur de poitrine guide naturellement le geste. L’armement et l’avancement du film automatiques, introduits avec le Rolleiflex Automat en 1937, simplifièrent davantage la manipulation.

Franke & Heidecke, puis Rollei-Werke, ont toujours soigné la réalisation de leurs appareils. Les mécanismes fonctionnent comme une horlogerie suisse, avec un équilibre entre solidité et précision. Certains modèles de collection, encore en parfait état après 50 ans d’usage, témoignent de cette exigence allemande.

De l’original Rolleiflex de 1928 aux 2.8F et 3.5F des années 1960, la gamme évolua en intégrant des avancées techniques. L’Automat apporta le chargement semi-automatique du film, tandis que le 2.8F intégra un posemètre couplé à cellule au silicium.

Bien que mécaniquement complexe, le Rolleiflex reste d’une utilisation fluide. Son mécanisme d’avancement du film simplifie le chargement et l’armement. Les commandes logiques et robustes, combinées à la visée par le haut, offrent une expérience photographique à la fois efficace et élégante.

L’héritage du Rolleiflex se retrouve dans la mesure TTL et les viseurs lumineux modernes. Son design TLR, avec visée discrète et déclenchement silencieux, inspire encore certains hybrides actuels. Son millionième exemplaire, vendu en 1956, marque un tournant dans l’histoire de la photo.

Intéressant les collectionneurs, les Rolleiflex anciens valent entre 300 et 4000 $ selon le modèle. Certains rares 2.8B atteignent des sommets. Malgré leur âge, nombreux sont encore utilisés aujourd’hui, prouvant leur pérennité et leur valeur photographique intemporelle.

 

🔍 Le Kine Exakta (1936) : Pionnier du reflex 35 mm

Le Kine Exakta, lancé en 1936 par Ihagee Kamerawerk à Dresde, fut le premier reflex 35 mm de série. Conçu par Karl Nüchterlein, il introduisit la visée directe par miroir fixe. Sa monture à baïonnette ouvrit la voie à une modularité sans précédent.

En intégrant le format 35 mm au principe du reflex mono-objectif, l’Exakta transforma la photo. Le 24×36 devenait le standard universel. Plus compact que les moyen format, il offrait une meilleure portabilité sans sacrifier la qualité. Cette combinaison allait dominer la photo argentique jusqu’à l’ère numérique.

Le Kine Exakta établit la configuration de base des reflex modernes. Il intégrait un miroir fixe, un obturateur plan focal à rideau horizontal et un système d’objectifs interchangeables. Sa monture à baïonnette devint un modèle pour l’industrie. Ses vitesses allant jusqu’à 1/1000 s étaient exceptionnelles.

Comparaison technique du Kine Exakta avec ses contemporains directs
CaractéristiqueKine Exakta (1936)Sport 35mm SLR (1935)
Date de lancementMars 19361935
Format35mm (24x36mm) SLR35mm SLR
DisponibilitéCommercialisation mondialeProduction limitée (URSS uniquement)
Système modulaireOptiques interchangeables + accessoires spécialisésNon spécifié
Vitesse d’obturation1/1000 à 12 secondesInconnu
Cible utilisateurProfessionnels, scientifiques, passionnésInconnu
Caractéristique uniqueCouteau à film intégréAucun détail mentionné
ViseurViseur de poitrine fixe avec loupeInconnu
ConstructionCorps entièrement métalliqueInconnu
Valeur actuelle (modèle 1936)2 500 à 3 500 $Très rare, valeur élevée

Conçu à Dresde par Ihagee Kamerawerk Steenbergen GmbH, le Kine Exakta naquit dans un contexte industriel allemand en pleine mutation. Le pays, deuxième puissance industrielle mondiale, connaissait un boom économique sous le régime nazi. Cette avancée technologique photographique s’inscrivait dans un contexte de modernisation générale.

La monture à baïonnette du Kine Exakta ouvrit l’ère de la modularité. Des objectifs optiques variés étaient disponibles, du grand-angle au téléobjectif. Cette flexibilité permettait d’adapter l’appareil à tous les besoins, de la macro à la photo d’action. Cette approche préfigurait l’offre actuelle d’objectifs interchangeables.

Le Kine Exakta se distinguait par son design asymétrique. Le déclencheur se situait sur la face avant, le levier d’armement à gauche. Cette prise en main inhabituelle contrastait avec les modèles ultérieurs. Son viseur de poitrine fixe, sans option d’échange, trahissait l’ergonomie préhistorique des reflex modernes.

Les ingénieurs ont surmonté le défi de la mise au point sur petit format. Ils remplacèrent le verre dépoli par une lentille grossissante. Cette solution permit une visée précise sur le 35 mm. L’obturateur plan focal à rideau horizontal, avec vitesse maximale de 1/1000 s, était une prouesse mécanique pour l’époque.

Le Kine Exakta fut un succès immédiat. Adopté par les professionnels et passionnés, il s’imposa comme outil polyvalent. Son système modulaire séduisit scientifiques et documentaristes. Avant le Nikon F, il définit le standard reflex, marquant durablement le milieu photographique par sa qualité et innovation.

Après le Kine, la gamme Exakta évolua avec l’Exakta II (1948) puis le Varex (1950). Ce dernier offrit des viseurs interchangeables. Les modèles successifs intégrèrent mesure TTL et coupe-film interne. Cette évolution assura sa domination jusqu’à l’arrivée des reflex japonais dans les années 60.

La Seconde Guerre mondiale perturba la production photographique civile. Les usines se convertirent à la fabrication d’appareils militaires. Les ressources furent réaffectées, freinant le développement civil. Ce conflit ralentit l’adoption du reflex, mais accéléra l’innovation optique pour les besoins militaires.

Le Kine Exakta occupe aujourd’hui une place de choix dans les collections privées et muséographiques. On le trouve dans des institutions comme le Musée de Graçay ou la collection Halgand. Sa rareté lui confère une valeur de collectionneur, variant entre 2500 et 3500 $. Certains exemplaires exceptionnels atteignent des sommets.

L’héritage du Kine Exakta imprègne encore les reflex numériques. Son obturateur plan focal et le format 24x36mm persistent dans les capteurs numériques actuels. Le débat entre reflex et hybrides modernes révèle cet héritage technologique, héritage né avec ce pionnier de 1936.

 

🚀 Le Hasselblad série 500 (1957) : L’appareil qui photographia la Lune

Lancé en 1957, le Hasselblad série 500 s’imposa comme un outil de référence pour les photographes professionnels. Ce moyen format modulaire devint célèbre en capturant les premières images de l’espace. Sa fiabilité et sa qualité d’image exceptionnelle en firent un choix incontournable pour les missions spatiales.

Le Hasselblad 500C introduisit une innovation dans le monde de la photo. Ce système modulaire permettait d’échanger objectifs, viseurs et dos selon les besoins. L’obturateur central dans l’objectif assurait une synchronisation flash optimale. Cette ingénierie solide contribua à sa réputation mondiale parmi les professionnels.

Le format 6×6 cm du Hasselblad 500C offrait une surface de capture 3,5 fois supérieure au format 35mm. Cette définition exceptionnelle était indispensable pour les missions spatiales, où chaque détail comptait pour étudier la surface lunaire. Les images ainsi obtenues révélaient une précision inégalée pour l’époque.

Les photographes professionnels adoptèrent rapidement le Hasselblad pour sa fiabilité. La NASA l’emporta lors des missions Apollo, documentant les premiers pas sur la Lune. Les studios photographiques l’utilisèrent pour son rendu détaillé. Les photojournalistes l’apprécièrent pour sa polyvalence et sa qualité constante.

  • Format 6×6 cm sur pellicule 120/220 pour une qualité d’image exceptionnelle
  • Monture à baïonnette pour objectifs interchangeables (Zeiss, Mamiya, etc.)
  • Boîtier modulaire acceptant divers dos, viseurs et accessoires spécialisés
  • Obturateur central dans l’objectif (jusqu’à 1/2000 s sur certains modèles)
  • Visée déportée avec écran de mise au point et loupe escamotable
  • Construction en alliage léger mais robuste pour usage professionnel
  • Prise en main ergonomique malgré son format carré compact
  • Poids d’environ 1,2kg sans objectif pour un moyen format
  • Compartiment à film accessible sans ouvrir l’appareil pour changer de dos
  • Couleurs emblématiques : noir mat (modèles NASA), argenté ou argent/bleu

 

La modularité du Hasselblad 500C permettait une adaptation discrète. En utilisant un viseur d’angle ou une poignée de transport, on réduisait sa visibilité. Cette capacité à s’adapter à des environnements sensibles fut décisive lors des reportages ou en contexte professionnel.

De Ansel Adams à David Bailey, les grands noms de la photo utilisèrent le Hasselblad. Adams l’appréciait pour sa qualité paysagère. Bailey immortalisa les Swinging Sixties avec. Les photographes de la NASA l’emportèrent sur la Lune. Sa précision et sa fiabilité inspirèrent confiance aux plus exigeants.

La prise en main du Hasselblad 500C suivait une logique intuitive. Le déclencheur centralisé et le chargement des pellicules par l’arrière simplifiaient l’utilisation. Bien qu’étant plus lourd que les reflex 35mm, son équilibre avec les objectifs lourds rendait l’ensemble ergonomique lors des longues séances.

La fabrication suédoise du Hasselblad garantissait une qualité exceptionnelle. Les composants métalliques et la précision d’assemblage assuraient une longévité extrême. Certains appareils de collection, encore fonctionnels après 50 ans d’usage, témoignent de cette rigueur. La solidité était un prérequis pour les missions spatiales.

La gamme 500 évolua avec des améliorations mécaniques et optiques. Le 503CW intégra un mécanisme plus silencieux. Le 501CM proposa un viseur à dégagement automatique. Chaque nouveauté conservait l’ADN du système, prouvant sa pertinence même face aux reflex numériques.

Malgré sa sophistication, le Hasselblad 500C restait accessible. Son système de chargement par le dos arrière simplifiait le changement de pellicule. Les commandes logiques et robustes facilitaient l’usage professionnel. Cette simplicité cachait une mécanique d’une redoutable efficacité.

L’ADN du Hasselblad 500C imprègne encore les appareils modernes. Son système modulaire inspire les reflex professionnels actuels. Les objectifs Zeiss continuent d’équiper de nouveaux boîtiers. Même en numérique, la philosophie du « pas de compromis » reste d’actualité dans la gamme H6, successeur direct de ce classique.

Le Hasselblad 500C a conservé sa valeur patrimoniale. Les exemplaires utilisés dans l’espace atteignent des sommets aux enchères. Le modèle de la mission Apollo 11 valait plus de 600 000 $. Malgré l’ère numérique, certains photographes continuent de l’utiliser pour son caractère unique et sa qualité intemporelle.

De l’ingénieux Rolleiflex bi-objectif au Hasselblad 500 immortalisant la Lune, ces modèles emblématiques ont tracé l’histoire du reflex. Explorer leur évolution, c’est saisir les bases de la photo moderne. Leur héritage, entre précision allemande et audace spatiale, inspire encore les passionnés d’image, prêts à capturer le futur. 🚀

📚 FAQ – Ces appareils mythiques suscitent encore des questions !

Pourquoi le Rolleiflex est-il considéré comme une icône de la photographie ?

Le Rolleiflex a révolutionné la photographie avec son système bi-objectif compact et sa qualité optique exceptionnelle. Il a permis une visée discrète et une manipulation intuitive, ce qui en a fait l’outil favori de nombreux photojournalistes et photographes de rue. Sa durabilité et sa précision mécanique en font encore un appareil recherché.

Oui, le Kine Exakta de 1936 est le premier reflex 35 mm produit en série. Il a introduit des innovations majeures comme la visée reflex directe et un système modulaire avec objectifs interchangeables. Il a posé les bases de tous les reflex modernes.

Absolument. Des variantes modifiées du Hasselblad série 500 ont été utilisées par la NASA durant les missions Apollo. Sa fiabilité, sa qualité d’image et sa construction modulaire en faisaient l’appareil idéal pour les contraintes de l’espace.

Oui ! De nombreux Rolleiflex, Kine Exakta ou Hasselblad 500 sont encore fonctionnels. Il est possible de trouver des pellicules adaptées et des réparateurs spécialisés. Pour les passionnés d’argentique, ces modèles offrent une expérience tactile et photographique unique.

Au-delà de leur esthétique vintage, ces boîtiers incarnent des avancées techniques majeures et une qualité de fabrication exceptionnelle. Certains modèles rares, en bon état, peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. Ils sont aussi un lien tangible avec les grands noms de l’histoire de la photographie.

Le Rolleiflex est souvent recommandé pour sa simplicité d’usage, son format carré facile à composer et sa compacité. Le Hasselblad 500 est plus complexe mais offre une flexibilité professionnelle. L’Exakta est surtout prisé pour le 35 mm et son caractère pionnier.